lundi 17 novembre 2008
Mafé de boeuf - boeuf mijoté aux cacahuètes
Ici on ne manque de rien.
Célébrons la chance que nous avons d'être né dans un pays sans guerres, sans famines, sans catastrophes naturelles, sans despotisme. Portégeons nos acquis, pour que jamais la marche en arrière ne nous ôte les droits élémentaires de liberté, de dignité, d'éducation, d'expression.
N'oublions pas notre bonne fortune, en nous rappelant que d'autres sont nés sous des cieux moins propices...
Cette semaine aura lieu la 11ème édition de La Semaine de Solidarité Internationale. Promouvoir les droits de l'homme, acheter équitable, protéger l'environnement, s'engager comme bénévole...
Ne pas oublier avant tout de se respecter les uns les autres, ici...
Pour ma part, il y a une marque que je consomme depuis un moment, et qui a eu la bonne idée de commercialiser un beurre de cacahuètes non sucré, idéal pour faire un bon mafé ! (héhéhé, penser aux autres ne signifie pas s'oublier... :-))
Remarques:
- pour la quantité de pâte de cacahuète, à vous de la doser selon vos goûts. A l'origine la cuisinière qui m'a préparé ce plat en mettait beaucoup plus, pas loin de 300g je pense. Le goût de la cacahuète est plus subtil en en mettant moins, bien entendu, mais reste présent tout de même, sans être écoeurant. A vous de voir !
Par contre, veillez à bien utiliser de la pâte non sucrée !
- Un petit mémo sur les produits africains, comme la diakhatou ou les gombos, est à venir... Patience!
Merci beaucoup à N'dé, avec qui j'ai adoré cuisiner, pour cette recette fantastique...
N'dé ne lira pas ces mots, car elle ne sait pas lire. Elle n'a pas eu la chance de bénéficier d'une éducation gratuite... Mais c'est un honneur pour moi de propager son immense savoir faire, au delà des limites de son petit village.
Diéré dief, N'dé !!
Mafé de boeuf sénégalais, recette de N'dé qui réchauffe le coeur
Pour 6 personnes
800g de bœuf (gîte) – 150g de beurre de cacahuètes non sucré – 150g de concentré de tomates – 3 bouillons cubes – 2 carottes – 1 morceau de manioc – 1 ou 2 patates douces - 2 petites aubergines africaines (diakhatous) (clic!) – une dizaine de gombos (kagne) (clic!) – poivre noir en grains – 1 bel oignon – 3 grosses gousses d’ail – 1 ou 2 piments rouges – 1 piment antillais
- Dans une cocotte, faire chauffer un fond d’huile d’arachide.
- Quand elle est chaude, y saisir les morceaux de bœufs.
- Quand les morceaux sont bien dorés, ajouter le concentré de tomates dilué dans un litre d’eau.
- Laisser mijoter quelques minutes, le temps de préparer les légumes.
- Couper les carottes, le manioc, les patates douces, en morceaux pas trop petits.
- Couper les extrémités des gombos, et réserver.
- Au bout de 5 minutes, ajouter dans la cocotte le beurre de cacahuètes, et bien remuer.
- Rajouter les légumes en morceaux, rajouter un peu d’eau si besoin, jusqu’à hauteur.
- Ajouter le piment antillais bien entier : attention de ne pas l'éclater en remuant la sauce, toute la force du piment est dans les graines, et si elles entraient en contact avec la sauce tout deviendrait immangeable !! (enfin, vous faites comme vous voulez, mais bon... :-)). En laissant le piment bien entier, il parfumera le plat sans le rendre trop piquant.
- Dans un pilon, écraser les gombos jusqu’à obtenir une pâte, puis ajouter dans la cocotte et bien remuer.
- Couvrir et laisser mijoter.
- Préparer l’assaisonnement : dans le pilon, bien écraser les bouillons cubes, les grains de poivre et le piment rouge. Ajouter l’ail dégermé et l’oignon coupés en petits morceaux. Bien écraser jusqu’à obtention d’une pâte qui sentira merveilleusement bon…
- Ajouter cette pâte dans la cocotte.
- Ajouter la touche finale : 1 bouchon de vinaigre de vin.
- Poursuivre la cuisson à feu doux jusqu’à ce que la viande soit bien tendre, soit une bonne heure. Si besoin, rajouter un peu d’eau et remuer de temps en temps afin que ça n’attache pas au fond.
- Servir avec un bon riz chaud et du piment en plus pour les palais moins sensibles.
Et voilà !
Commentaires
Ton récit est touchant et ta recette est appétissante!Je comprend ce que tu veux dire,j'ai déja visité des pays où la vie est dure mais où les gens sont toujours souriants.J'ai été sensibilisée par une expo itinérante de MSF il y a 3 ans et depuis j'en suis membre et participe humblement en donnant 1 euro par semaine. Ca paraît peu mais ça aide à fournir des médicaments et soigner les enfants au Darfour notamment. A part ça, j'essaierai ta recette prochainement!
Ah, merci Véro! Tu me ramènes à mon voyage au Sénégal, il y a deux ans, où j'avais rencontré Abdoulaye et sa soeur Maryam, qui m'avaient appris à préparer un tiéboudiène succulent, on parlait un peu la même langue et on se regardait beaucoup... Ton mafé est superbe et ces moments là précieux entre tous.
On en a besoin, en ce moment, de sentir cette communication, ce partage, simplement entre humains.Ben longin, je débarque sur ton blog après... euh... x mois d'absence et je retrouve sans surprise ma métisse préférée, ma cousine... inutile de te dire que ce billet court m'a émue. Pas seulement pour son contenu... Je perçois toujours une lumière d'espoir lorsque je découvre que je ne suis pas seule à penser que ce monde est plein de contradictions... ceux qui mangent trop et ceux qui ne mangent pas assez, ceux qui en savent trop (ou pire, qui croient savoir) et ceux qui n'en savent pas assez. Ne pas savoir lire n'est pas une tare pour moi, ne rien ressentir, ça c'en est une.
J'espère qu'un jour on y arrivera... un monde sans aberration.
Je suis revenue donc. J'ai mis le temps. J'ai perdu le fil. Je suis descendu jusqu'au bas de ta page... jusqu'au croq'o'pesto. J'ai lu de travers, j'ai capté des mots, j'ai regardé les photos... tout est tout à fait normal, ma Véro n'a rien changé. OUF!!!
Bizzzz,
AlexandraJe profite de ce billet où ce que tu dis est très juste, pour t'inviter à jeter un coup d'oeil sur mon blog que je viens d'ouvrir: http://uneaffairedegout.canalblog.com/
Il y a qq jours je t'ai envoyé un mail pour des conseils makis, j'ai publié ceux que j'ai fait, j'aimerais avoir ton avis.Recette testée ce midi, manquaient à l'appel dans la cocotte : aubergines africaines et gombos (pas le
temps de galoper dans Toulouse !!) mais je beurre
de cacahuètes était bien équitable. C'était très
très bon. Une question ; j'ai bien mis un piment
antillais mais tu parles également de piments rouges. De quelle variété s'agit-il : langues
d'oiseaux ?
Je referai surement.Ta recette est taguée !
http://inoule.over-blog.com/article-25262360.htmlJ'ai découvert ton blog grâce à ELLE qui a fait de très bon commentaires dessus et je ne suis pas déçue! Etant de Nouméa et vivant à Paris, c'est vraiment agréable de retrouver le métissage et la générosité de chez nous!Je viens de faire le mafé et il est terrible !!! La prochaine je mettrais juste un peu plus de piments.
Aurais-tu par hasard la recette de frites pimentées indonésiennes???? Merci beaucoup et bonne continuation surtout.
ClaireJuste une petit info supplémentaire...
Bonjour
une petite question (bête très certainement mais je ne suis pas très coutumier de l'utilisation du piment rouge et antillais)
Dans le pilon (pour l'assaisonnement) selon la recette c'est là qu'on doit utiliser LE piment ? rouge et antillais comme cité dans les ingrédients? en les écrasants avec le reste ?
Faut il les égrener ou les vider avant ?
merci pour cette recette qui à l'air délicieuse j'adore ce blog et j'ai été content de trouver la recette du Mafé ici.
j'attends cette info avec impatience
Bonne continuationsuperbe
Moi je suis antillaise et notre cuisine est très métissée de nature.Demain j'aiprévu de cuisiner pour un ami métro de passage chez moi en Guadeloupe et je vais lui faire ton mafé qui m'a l'air extra.
Dans le mien je ne mets ni gombo ni patate douce donc ce sera la première fois>. Merci pour tes idées recettes sympanangadèf
bonjour!a18ans j'etais seule perdue a paris et j,ai été accueillie chez des gens d origine Sénégalaise et Malienne;ils m'ont donné tout ce que je manquais et j 'en mourais lentement;ils m ont donné l amour le rire ,etre heureux tous ensemble en vivant simplement, le minimum matériel mais un bonheur dans le partage de chaque moment!l odeur du maffé me tire les larmes de ces moments là!ounguida Diarra, mon grand frere,et tous vous etes a jamais dans mon coeur!merci d'exister!
Pilon ?
Personne ne l'a remarqué... On met les ingrédients dans un MORTIER et on écrase avec un PILON... C'est pas pareil !
A part ça, si la viande est un peu ferme (c'est le cas au Sénégal), il est préférable de la faire bouillir avant et de rajouter ensuite le bouillon après avoir fait égoutter et revenir les morceaux dans l'huile.Testée et approuvée ............... merci pour le partage.
http://calialavanille.canalblog.com/archives/2011/02/01/19970256.htmlhumm, surement délicieux !
Bonjour,
Je suis ravie d'être tombée sur ton blog. J'aime la cuisine du monde.Le mafé a l'air succulent ! je connaissais de nom, il me semble que je n'ai jamais mangé. Pourquoi il me sembble car j'ai l'occaion de manger du DG camerounais, du colombo façon congolais, du saka saka (congo brazza, du foufou, poulet dakatine, du poulet yassa (sénégal) mais du mafé pas encore. je mets ta recette sous le coude.
Merci pour le partage ! au fait, superbe blog ! j'aime beaucoup !
Au plaisir de te relire !très bon mais...
Bonsoir, je fais aussi du mafé. c'est très bon effectivement. cependant, j'ai une question et je n'arrive pas à trouver la réponse. Qu'est ce qui fait la couleur du mafé? perso, le miens à la même couleur "jaune". couleur de la patte d'arachide. je pose cette question car j'ai mangé un mafé dans un restaurant africain à paris proche des champs, et le mafé était plus noir. après recherche sur internet, j'ai tapé mafé sur google et dans images, je vois bien un mafé "jaune" et un mafé "noir". Si vous avez une réponse, je suis preneur car je cherche depuis un bout de temps... merci d'avance pour vos réponses.


















Terrible!
Il est magnifique ton mafé Véro, fondant et piquant à la fois comme le montre la couleur de la sauce. Merci de nous transmettre cette recette dénichée dans le meilleur des livres de cuisine sénégalais, c'est -à-dire directement de la bouche d'une cuisinière! Y'a plus qu'à trouver les bons ingrédients...